conseils issus de la pratique pour le cyclo camping ou tourisme à vélo

Le voyage à vélo est une activité où le savoir-faire est essentiel. Apprendre auprès des anciens est la meilleure manière d’éviter des erreurs de débutant. Pas toutes sans doute, mais les principales sûrement. Être dehors par tous les temps, tous les jours, pendant plusieurs jours, ou des semaines, voire plus, n’est pas de tout repos. Mieux vaut alors ne pas se faire ennuyer par des détails d’intendance qu’il est facile d’éviter. A part quelques considérations plus générales, dont la page qui suit décrivant mon état d'esprit, les pages de ce site visent avant tout à transmettre quelques morceaux de connaissances pratiques sur le voyage à vélo. Je n'en suis qu'un détenteur parmi d'autres.  

« Prendre un vélo, aller jusqu’au clocher d’à côté, y passer la nuit, et revenir, c’est déjà un voyage », déclarait le président de Cyclo Camping International (CCI) lors de l’assemblée générale de Nantes en 2004, près de chez moi. Cette définition du voyage à vélo me va bien.

 Mes voyages ne sont pas extraordinaires, ni glorieux, ni lointains. Ils sont seulement : « déjà un voyage ». Je ne suis pas seul de mon espèce. Dans la revue de CCI, qui n’est pas l’alpha et l’oméga mais un lieu de rencontre avec la prose d’autres énergumènes de mon genre, il était expliqué que cette appellation avait été choisie faute de mieux. Tous les voyageurs à vélo ne sont pas campeurs, tous ne font pas dans l’international. Mais Cyclo Camping International était le nom qui leur avait semblé, au moment de la création de l’association, le mieux adapté.

un bout de Loire à vélo en grand équipage et amicale compagnie

Mes voyages ont souvent des buts idiots. Et revendiqués comme tels. Le point d’arrivée n’a aucun intérêt en soi, d’autant plus qu’il consiste finalement à revenir chez moi. Faire le tour du monde non plus, quand on y pense. Alors, le tour du monde ou le clocher d’à côté, pour moi, ça se vaut. À ceci près que la logistique, la facilité de contact pour un uniglotte, et la compatibilité avec une vie professionnelle et familiale « standard » sont beaucoup plus simples en restant en France, et dans l’Ouest de préférence. C’est dire le niveau de l’aventure. Mon idée n’est pas de me perdre. Je crois m’être déjà trouvé.

Dans la catégorie voyage sans but, j’ai déjà accompli le Brevet des Cantons Sarthois. Il s’agit d’une randonnée permanente de la Fédération Française de Cyclo-Tourisme (FFCT). La contrainte, légère, est de faire tamponner la carte de route, fournie au moment de l’inscription, dans un commerce ou un service public d’une agglomération déterminée de chacun des 32 cantons de la Sarthe. C’est dire l’intérêt. En général, les gens mettent plusieurs années pour achever leur carte de route. J’avais fait le choix de tout faire d’un même élan, par étapes successives et en campant à l’étape. La seule difficulté aura été de choisir le meilleur parcours. Ne connaissant à peu près rien aux mathématiques, j’avais fait l’étude du trajet à partir d’une matrice et déterminé que la spirale était le plus rationnel.

  Ceci posé, la Sarthe s’est avérée être un département au moins aussi agréable à visiter qu’un autre, avec des forêts, des routes tranquilles, des noms de lieux-dits parfois surprenant (je me souviens d’un « Clepsydre » qui m’avait feinté), et des tas de cafés de campagne très accueillants. Un peu comme partout en France. Certes, mais pas moins qu’ailleurs. Les agglomérations des contrôles ont été choisies en fonction de leur intérêt touristique, qui n’est pas négligeable. La Sarthe vaut beaucoup mieux que l’image de La Ferté Bernard vue de l'autoroute, qui est une jolie petite ville et a un très beau camping. Sauf qu’il y tombe parfois des pluies d’orage diluviennes, qui donnent l’occasion de causer, parce qu’on se retrouve coincé à cause des trombes d’eau dans le bâtiment des sanitaires au sortir de la lessive, sur le mérite comparé des sèches-linge avec des femmes de gens du voyage qui… etc.

  Une autre fois, j’ai fait le tour de la presqu’île du Cotentin. Pourquoi ? Mais pour aller gratter les oreilles du Mickey pardi ! J’ai toujours trouvé, en regardant la météo à la télé le soir pour savoir si j’ai besoin d’un parapluie pour aller au bureau le lendemain, que les deux pointes du Cotentin ressemblent à des oreilles de Mickey. Très beau le Cotentin. Un peu anglais pour mon goût, mais très beau. Un peu frais le matin parfois, avec le brouillard, voire le soir quand le vent souffle sur les plages du débarquement. Mais qui aurait osé s’en plaindre cet été caniculaire ? Tellement anglais que le gestionnaire d’un camping du sud de la Normandie, sur le chemin du retour, m’a demandé si j’étais content de mon « frandjeure ». Je lui ai répondu, avec mon meilleur accent de français central, que c’était un « Franger », Gérard de son prénom, fabriqué par un artisan de Saint-Etienne-de-Montluc en Loire-Atlantique. J’en ai eu fait quelques autres du même tonneau. Il y a peu, je suis allée à Bruères-Allichamps. Koitesce ? Et ben, c’est au mihieu. Au centre de la France. Ce but là en vaut bien un autre. Je grimpe les bosses de plus en plus mal. Surtout avec une mule à pédales de trente-cinq à quarante kilos. Pour y aller, il suffit de suivre la Loire puis le Cher.

Un de mes premiers voyages à vélo a été la remontée de la Loire sur sa totalité, de Mindin au Mont Gerbier de Joncs. Ce devait être en 1993. Biberonner de la Loire après avoir rempli le bidon à la source au terme d’un périple en groupe fut une félicitée. La Loire est bonne. Et fraîche. Et il faisait bougrement chaud en ce mois d’août-là. Ce fut ma première et dernière expérience de voyage en groupe de cette importance, une quinzaine. J’y ai appris beaucoup, et j’en remercie le traceur du parcours et mes compagnons et compagnes.

  

cécéistes aux Fourneaux, non, pas à la cuisine, "les Fourneaux" c'est le nom du hameau.