Pluie, Cul du Moulin, Bois Macé

Le cycliste a tendance à être soluble et à disparaitre avec les premières gouttes. La pluie fait mal aux muscles, empêche de profiter du paysage, salit les vélos et gâche le pique-nique. Le rideau s'abat sur nos promenades et nous contraint à rester à l'abri. Pas tous. Pas toujours. Le temps, celui qui passe, apprend que la pluie n'est pas le déluge (qui dura quarante jours et quarante nuits), et que, au pire, les vêtements imperméables adaptés permettent de rouler dans un confort acceptable.

Nous partîmes le long de la Loire, où nous croisâmes quelques chevaux, dont un aux yeux bleus. Michel en rend compte et propose le parcours complet de notre promenade, première et deuxième édition, à cette page de Crazyguyonabike, ainsi que d'autres photos de notre sortie tirées du même tonneau que les miennes : https://www.crazyguyonabike.com/doc/page/?o=Sw&page_id=350917&v=C8

Le bulletin météorologique dans le poste nous promettait des cumuls de précipitations de bon niveau, du vent et de la fraîcheur, mettant enfin un coup d'arrêt à cet étrange et demesuré automne estival. Cela devait durer de dix à dix-neuf heures. De la pluie, il y en eut en effet. Elle débuta un peu après onze heures. Aux premières gouttes, j'ai revêtu ma tenue complète de scaphandrier à pédales, veste à capuche, pantalon, couvre-chaussures, et ai étrenné le couvre-selle pour ne pas abîmer ma Brooks cuir. Une confortable selle en cuir est trop importante pour prendre le risque qu'elle se déforme. La protection de qualité d'un coût modique peut se trouver là : http://www.xxcycle.fr/housse-de-pluie-selle-vaude,,fr.php

Au Cul du Moulin (c'est le nom du lieu, au pied du pont d'Oudon), heureuse surprise, l'incessante pluie prévue s'arrêta. La dépression n'aura été qu'une écharpe vite balayée et le soleil nous attendait dans une salle à manger très agréable avec une imprenable vue sur la Loire. Ce rayon de soleil nous fit débâcher. Oups ! Je n'avais pas remarqué qu'une vilaine trace de doigt sur l'objectif entachaît le cliché d'un flou malheureux.

Pour agrandir les photos, cliquer dessus.

Dscf3895Le Cul du Moulin a une histoire, résumée sur les panneaux d'information.

Dscf3912Dscf3913Dscf3914Dscf3915Le raccord sur la barque à bords jaunes est assez moyen. Voici donc un panorama en l'état.

Dscf3899Les victuailles tirées du sac furent promptement englouties, et celles glanées en chemin, des noix fraiches, dûment partagées, comme le furent thé et café. La légèreté n'est point du tout notre fait, l'agrément si.

Dscf3897Un peu après, le pont passé, nous atteignîmes Oudon, sans trop considérer pour une fois le passé historique du lieu et son intérêt touristique, au profit d'un café bienvenu. Certes, nous venions d'en prendre un, mais un de plus n'était pas de trop. Chacun son dopage et ses plaisirs : vélo, photo, café, et manger, entre autres.

Au même moment, le derby Nantes-Rennes débutait sur l'écran dans notre dos. Nous n'en apprîmes le résultat, d'ailleurs équilibré, que le lendemain matin par hasard. Le sport des autres ne m'a jamais intéressé. D'ailleurs, je n'aime pas le sport, du moins la compétition. J'ai résumé mon point de vue dans un billet d'humeur ( j'aime pas le sport ) datant de l'époque où le dopage en cyclisme défrayait la chronique plus encore qu'à l'habitude. Il existait, et existe, des contre-exemples, qui s'évertuent à soutenir d'autres pratiques, comme Christophe Bassons http://www.cyclisme-dopage.com/portraits/bassons.htm

Dscf3918Après un petit bout de Loire à Vélo en direction de l'aval, nous bifurquâmes à droite pour nous hisser sur le coteau vers Ferry.

Ce n'était pas au programme prévu, et ce n'est pas indiqué sur le parcours évoqué plus haut, mais nous sommes allés à Saint-Méen du Cellier, dont l'histoire est contée ici : http://www.lecellier.fr/module-Contenus-viewpub-tid-2-pid-52.html Pour s'y rendre, après le village de Ferry quand la pente redevient nulle, au T, au lieu de tourner à droite en suivant le parcours de la Route touristique du vignoble nantais, il faut partir à gauche. Dans un virage à droite à 90°, après le bâtiment aux parements de briques, il convient de s'engager à gauche dans l'impasse interdite à la circulation. Au fond du cul-de-sac, on découvre à gauche la chapelle, à droite une maison très ancienne, les deux étant en cours de réfection, et en face un chouette panorama sur le resserrement de la Loire entre le Cul du Moulin en contrebas de Champtoceaux rive gauche et Oudon rive droite. Non, pas cette gauche-là. L'autre.

Dscf3924Vu de là, on comprend mieux pourquoi le péage était possible à cet endroit, pourquoi un moulin à eau y était installé en raison du resserrement et donc de l'augmentation de la vitesse du courant, et pourquoi c'est ici qu'on a construit un pont.

Dscf3919Dscf3920Nous reprîmes le cheminement prévu vers le verger du Bois Macé, ferme cueillette où l'on vend légumes, viandes de volaille, fruits, jus de fruits et pains, le tout étant fait sur place : http://www.vergers-boismace.com/   Les cucurbitacea y sont presque aussi gros que les tracteurs. Ignorant en matière de plantes, comme en beaucoup d'autres domaines, je suis bien incapable de dire s'il s'agit de potirons ou de citrouilles, mais, dans les deux cas, ce sont des sortes de courges.

Dscf3925Les autres légumes et salades n'ont pas moins fière mine. Quant aux pains, contrairement à ce qu'écrit Michel, la vérité m'oblige à reconnaître que je me suis laissé tenter par un bien dense, goûteux et rassasiant pain aux pommes qui m'a fait une partie de mon repas du soir, et du petit déjeuner à l'issue d'une sérieuse nuit de sommeil. A l'image des légumes, les pains et viennoiseries sorties du fournil de la ferme n'ont rien à voir avec les mignardises riquiqui proposées à grand frais dans les luxueuses patisseries des centres-villes aux anémiques confinés. Ce sont de roboratives nourritures propres à satisfaire un appétit de travailleur d'extérieur, ou de cycliste.

Dscf3927Dscf3928Dscf3929Dscf3930Dscf3932Après quoi, nous rejoignîmes un peu au sud de Saint-Mars-du-Désert la voie verte aménagée sur l'ancienne voie ferrée qui va de Ligné à Carquefou. Cette voie verte a deux grands mérites. Elle est abritée du vent, et ce fut tant mieux ce jour de pluie écourtée mais de vent contrariant au retour. Comme sur toute voie verte, on n'y voit nul véhicule automobile. Les automobilistes ne connaissent pas ces voies réservées aux circulations douces. Les cyclistes sont donc bien plus nombeux qu'ils le croient.

Elle a aussi un gros défaut. C'est un tape-cul de première. A se demander ce que fut le cahier des charges. Peut-être "réaliser sur un soubassement de qualité (drainage voie ferrée) un revêtement piètre, en terre à peine battue, qui se dégradera rapidement pour faire ressortir les cailloux afin de secouer autant que possible les cyclistes, de nature à leur provoquer des douleurs aux mains et au cul et les dégoûter de leur pratique préférée autant que faire se pourra" ? Ce devait être quelque chose comme ça. La réalisation est parfaitement conforme à ce cahier des charges. J'ajoute que la largeur des entrées n'est pas adaptée, comme bien souvent, à l'utilisation d'un tricycle ou d'un tandem, voire d'un vélo monoplace à deux roues chargé de sacoches typiques du cyclo camping. Il semblerait que les allemands font à peu près la même chose pour les autoroutes, ce qui en revanche me semble une bonne idée.

Au lieu de ces revêtements à la qualité et la durabilité douteuse, les aménageurs, avec mes impôts et les vôtres, pourraient faire réaliser pour les routes et pistes cyclables des revêtements roulants, propres, et respectueux de l'environnement, du moins si l'on en croit par exemple cette brochure page d'information http://www.colas-france.fr/accueil/produits/fiche-produit-950201.html&pid=38  Avec ce produit, et ses concurrents, l'agrément et l'attractivité des promenades à vélo est augmenté, le bilan carbone largement amélioré, et la santé des travailleurs chargés de sa fabrication et de sa pose y gagne aussi : http://www.faiteslepleindavenir.com/2010/08/23/un-peu-de-vert-dans-nos-bitumes/

Le goûter (font rien que de bouffer, ces maigrichons vélocipédistes), avec spécialités locales, fut présenté sur un étal improvisé. Finalement, ces barrières ne sont pas si mal pensées.

Dscf3934Dscf3935Dscf3936Le petit groupe s'est dispersé à l'arrivée en ville, chacun rejoignant ses pénates. La nuit tombant, c'était en novembre quand bien même la météo était scandaleusement belle et chaude, nos lumières grands lux(1) ont du déchirer les ténèbres. Un tel temps est-il le fait d'une météo ponctuellement très favorable ou un signe inquiétant du réchauffement climatique ? Alain Dusart, dans un éditorial de l'Est républicain est plutôt catégorique : "Voici un quart de siècle, lors de la création du Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), il faisait froid à la Toussaint. On se rendait dans les cimetières avec des manteaux. Or nous venons de passer un week-end en tee-shirts et lunettes de soleil !" (…)"Pendant ce temps, à Copenhague, les experts du Giec étaient à l'ouvrage. En présence du secrétaire général de l'ONU, ils ont délivré un nouveau message alarmiste sur les 'effets sévères et irréversibles' du réchauffement climatique." Quoiqu'il en soit, le lendemain matin, il pleuvait normalement comme vache qui pisse à cette saison dans notre région. Nous avons donc bien fait d'en profiter.

 (1) Il s'agit bien sûr des lux de l'unité de mesure de l'éclairement lumineux qui caractérise le flux lumineux par unité de surface.