(mal) monter et descendre (un peu moins mal)

Le ruisseau est joli. L'eau scintille. Les herbes ondulent. Il est assez large pour résulter du drainage de plus d'une prairie, d'autant qu'il n'est rien tombé depuis des jours. Je suis donc être en bas de quelque part.

La ligne du haut des arbres au sommet n'est pas visible d'ici. Méfiance. La bosse peut être douce, ou brutale, ou à plusieurs coups. Je remets le plateau moyen d'un coup de pouce gauche, et un pignon plutôt petit à l'arrière du droit. La pente commence. J'aperçois maintenant les arbres en haut, et ce qui doit être un silo. Le haut est haut. Encore un coup du gauche et le plateau de montagne, le plus petit devant, est passé. Je n'attends pas de coincer. Il serait alors très difficile de faire passer la chaîne sur ce petit plateau, également appelé la moulinette, et le risque de chute serait non négligeable. Avec un bât comme le mien, abimer le matériel ou se faire mal aux jambes est facile.

J'attends de sentir la pente en tournant tranquillement les pieds. La pesanteur aidant, la patience est de courte durée. La route tourne à gauche. Le virage est en dévers. Plus loin, c'est à droite. Avec mon chargement, c'est l'Alpe d'Huez. Un coup de majeur droit vers l'intérieur, le plus grand pignon est passé à l'arrière. Je tourne dans le vide d'abord, puis de plus en plus lentement au fur et à mesure que la pente s'accentue encore.

Je modifie ma position. Je me cale à l'arrière de ma selle. Je tiens le vélo par les cocottes, les poignées de frein, à l'endroit le plus large du guidon. Je pense que mes chevilles doivent décrire un cercle. Je pousse puis je tire, je pousse puis je tire. J'y pense d'un côté, puis de l'autre. Je m'essouffle un peu. Je ralentis la cadence de pédalage, tout en veillant au jeu de cheville pour pédaler en arrondi.

J'aborde le virage à droite, lui aussi en dévers. Après un coup d'œil dans le rétroviseur, et un coup d'oreille vers l'avant au cas où un véhicule arriverait en face, je me déporte presque jusqu'au milieu de la chaussée, évitant ainsi la ligne de plus grande pente située à droite dans un virage à droite. Accessoirement, sans que cela soit négligeable, j'évite les débris divers, cailloux, branches, verres, naturellement accumulés au creux de la route.

Le rythme de pédalage s'accélère. La pente est moins forte, ou je vais mieux (on peut rêver), ou je m'adapte. Pouce droit, la chaine descend d'un pignon vers la droite. Deux kilomètres heure de mieux, et la cadence réatteint les 90 tours de pédalier à la minute. Coup de pouce, pignon vers la droite, je trouve le développement qui me convient à cet instant. Encore un virage à gauche, où je roule donc soigneusement à droite.

Tiens ! La côte change de style. Ce n'est plus l'Alpe d'Huez, c'est une raffarinade : « la route est droite mais la pente est forte ». Du moins il me semble. Les hauts plans de maïs de chaque côté troublent ma perception de la pente. En forêt, c'est pire, seules les sensations musculaires renseignent vraiment. Après quelques jours de pédalage à raison de plusieurs heures par jour avec un vélo lourd, les sensations renseignent très bien.

Un camion vient en face. Le bas disparaît. Il y a donc un replat, voire un bout de descente avant la troisième partie de cette montée. Prudemment, je remonte d'un pignon vers la gauche. Un développement plus petit économise en vue du final peut-être plus difficile.

Un drapeau américain est peint sur le silo. Bizarre au nord de la Mayenne, ou peut-être au sud de la Manche. J'ai croisé le camion. Il s'est gentiment mis le plus possible sur sa droite, mais m'a quand fait un courant d'air. Bien agrippé au guidon, je n'ai quasiment pas tangué. Quand je m'apprête à croiser un véhicule, j'interroge le rétroviseur. Le danger vient souvent de l'arrière. Sur une route étroite, le plus grand risque est le passage en force d'un Fangio rural voulant dépasser à tout prix, y compris celui de ma propre vie, particulièrement sur les routes à trois grammes.

J'atteins le replat. Deux pignons sont descendus vers la droite. Je me lève de ma selle. Je fais quelques mètres en danseuse, puis je reste debout sur les pédales jambes tendues, laissant cliqueter la roue-libre. Quand il fait chaud, ça aère, et ça soulage la pression sur les ischions. Comme les arrêts sont fréquents, et en gérant le roulage, je n'ai jamais eu de problème de fond en voyage.

C'est parti pour le final. Je mets ma chaine complètement à gauche, plateau et pignon. Je vois bien que ça monte. Aucun chevron n'est indiqué sur la carte. La route est trop petite pour que ses utilisateurs aient droit à ce genre d'information. La pente est sévère mais brève. Les pieds se remettent à tourner plus vite, la pente s'adoucit donc. Je redescends d'autant de pignons vers la droite que nécessaire pour trouver le développement adapté.

Ouf ! Je suis en haut. Plus qu'une petite trentaine de bosses et il sera temps de planter la tente. Le vent contraire se fait sentir. Le rafraichissement est bienvenu. La colline me protégeait. Je tourne les pieds dans le vide pour délasser les muscles. Je me relève, je retrouve un rythme de respiration apaisé. Je bois un peu d'eau de mon bidon. Je ferme mon blouson pour ne pas prendre froid dans la descente. Je porte mon regard aussi loin qu'il est possible. La prochaine ligne de crête est lointaine, mais sur ma route. Elle a l'air d'être plus haute que le sommet de la bosse que je viens de franchir. Ça peut être un effet optique. Les pentes en ligne droite aussi s'aplanissent quand on s'en approche. Quant à ce qu'il y a entre ces deux lignes de crête... mystère ! Peut-être des faux-plats, peut-être une succession de courtes pentes plus ou moins sévères. Impossible d'évaluer d'ici.

J'ai bien fait de ne rien faire de trop. Gagner quelques minutes pour faire la queue à la supérette, très peu pour moi ! Comment alors prétendre, avec le maillot trempé de sueur, la bouche ouverte et les yeux cernés que, non, mon vélo n'est pas trop lourd, et ce n'est pas si difficile les vacances à vélo, même en ne suivant pas que les canaux et en dormant au camping. On met sa fierté où on peut.

J'aborde la descente. La position change. Je m'assois en arrière de ma selle. Je suis même assis en dehors, en appui sur le dessous de mes cuisses. Mes mains sont au creux du guidon. De là, elles auront assez de force pour freiner longtemps s'il le faut, sans entrainer de fatigue musculaire. Mes bras sont étirés, et mon dos aussi, ce qui ne leur fait pas de mal après les efforts de la montée. Mon guidon étant à peine plus bas que ma selle, mon aérodynamisme est relatif. 

Mon vélo avec les sacoches a un coefficient de pénétration dans l'air proche de celui d'un camion-poubelle, bel engin indispensable à la propreté de nos cités. Il n'empêche, la prise de vitesse, le poids aidant, est très rapide. La descente commence comme la montée s'est finie. Tout droit et avec un degré conséquent. Je remets le plateau du milieu, et un petit pignon, à droite. La vitesse augmente encore. Je passe sur la grande assiette, le grand plateau. Tant qu'à faire de le trimbaler, autant s'en servir de temps en temps, même s'il est le moins utile des trois. Virage à droite. Coup d'œil dans le rétroviseur, je me déporte à gauche, pas plus loin que le milieu de la partie droite de la chaussée, au cas où une voiture arrive en face. À cette vitesse, mes oreilles ne me disent rien du tout. Trop de vent. Je passe le virage à trente centimètres du bord de la route, après avoir coupé, en évitant donc les éventuels trous près de l'accotement.

À gauche maintenant. Un panneau annonce un carrefour. Je me redresse pour apercevoir un éventuel véhicule. Rien. J'estime donc inutile de freiner. Je coupe un peu, sans dépasser le milieu. Nouveau virage à droite, la courbe dessinée par les poteaux de téléphone s'incurve franchement. Le virage est donc plus accentué que les autres. Les grosses allumettes blanches à bout rouge plantées à l'extérieur du virage confirment. Je freine légèrement. Je me positionne comme pour le droite précédent. En sortie de virage, ayant légèrement ralenti avant d'y entrer, je m'avance un peu sur ma selle, je relance en pédalant jusqu'à la cadence maximale, soit 130 tours de pédalier minute, pour reprendre de la vitesse, puis retrouve ma posture de descente.

Mon regard va des signes de courbe (poteaux, arbres, ligne médiane, signalétique horizontale...) au bitume et réciproquement. Les trous sont évités, si je peux suffisamment anticiper, et n'avoir donc qu'une légère déviation de trajectoire à faire. Pas question de donner un coup de guidon au dernier moment, trop risqué. Le vélo n'est pas pourvu de correcteur électronique de trajectoire. Son pilote (ici, c'est un pilote) doit faire fonctionner son cerveau sans prothèse. Le risque, c'est la crevaison. La parade est de demeurer maître de soi en gardant le guidon fermement tenu sans crispation.

Un vélo léger qui dérape est facilement rattrapable. Les enfants le font très bien, par jeu. J'en vois tous les soirs dans les terrains de camping. Un vélo lourd doit conserver sa ligne. Dans un lit de graviers inattendu, par exemple, une solution : continuer tout droit en freinant sans déraper. Délicat mais possible. Le vélo n'a pas de système électronique antiblocage. Une autre solution est de continuer à rouler en gardant de la motricité, c'est à dire en entraînant la roue arrière modérément. Ça fonctionne aussi dans les chemins ensablés ou caillouteux. Je n'ai pas chuté depuis au moins trente ans, ou plus, je ne m'en souviens pas. Je touche du bois, je croise les doigts, et me jette une poignée de gros sel par dessus l'épaule gauche. Non. Pas le sel. J'en ai besoin le soir pour les nouilles.

Regarder l'état de la route à trente mètres devant et interpréter correctement les signes de courbe peut ne pas suffire. Je lève aussi la tête, au cas où une branche basse serait sur ma trajectoire. Prendre une ramure en plein visage en descente peut laisser une trace disgracieuse. Comme la grande majorité des cyclos-campeurs utilisant des guidons « de course » (qui permettent des positions multiples, hautes et basses), mes cocottes (le dessus des poignées de frein) sont quasiment à l'horizontale de ma selle et orientées vers le haut. Ainsi, même « la tête dans le guidon », mes trapèzes ne se crispent pas et mon regard peut porter vers le haut y compris en descente.

Un vélo bien dessiné (le châssis du vélo, c'est le cadre, chaque cadre est destiné à un usage particulier, et sa géométrie a une influence très directe sur la tenue du route de la machine), avec des charges convenablement réparties, des freins en très bon état, tout comme doivent l'être les roues et les pneus, peut descendre vite. Dans les collines (Alpes Mancelles, Cotentin, bocage Vendéen), il dépasse les 50 ou 60 kilomètres-heure, et peut en faire au moins 20 de plus dans de plus fortes pentes. Pourtant, la route est ouverte. Ce n'est pas un circuit. Je ne dépasse jamais la partie droite de la chaussée. Je regarde toujours dans le rétroviseur avant de me déporter. Je ralentis au droit des habitations et des carrefours. Bref, je reste maître de la vitesse de mon véhicule, comme le prescrit à juste titre le code de la route, et je respecte les limitations.

Quoique. Il peut m'arriver de passer le panneau indiquant l'entrée d'une agglomération à une vitesse un peu supérieure à celle qu'impose le respect de la réglementation, du moins quand il n'y a aucune maison au bord de la route, maison d'où peut surgir un chien, un enfant, un homme précédé de sa brouette, ou une voiture. Il ferait beau se faire gauler pour excès de vitesse avec un vélo de 40 kilogrammes. J'imagine le sermon du brigadier-chef. Je serais alors aussi nul sans doute que l'automobiliste qui aurait estimé ne pas être un danger pour les autres usagers. J'aurais tort, et tant pis pour moi. Tout le monde a le droit de vivre en paix sans être agressé par des machins à roulettes pilotés par des crétins grisés.

Montées et descentes vont pour moi de pair. Mes montées sont si lentes qu'il me faut bien avancer à un moment pour arriver. Régulièrement, des joggers me dépassent dans les montées, et parfois des marcheurs. Ils éprouvent le besoin de s'excuser. Y'a pas de mal m'sieurs dames, en vertu de l'article 22 chacun se débrouille comme il peut.

Monter lentement comporte aussi ses dangers. Pas plus tard que ce matin, dans Mayenne, il m'a fallu emprunter un petit morceau de la nationale 12, première montée du jour, et montée qui montait. À cinq à l'heure, je dérangeais les bagnoles et les camions, et je prenais des risques. Le premier engin à moteur voit, ralentit, s'écarte. Le second passe un peu plus près. Etc. Je n'ai trouvé de salut que sur le trottoir, heureusement désert à cette heure. S'il l'avait fallu, j'aurais tenté d'expliquer au pandore mon choix de non candidat au suicide. Le gilet fluo rétro réfléchissant et le casque ne protègent pas d'une tonne et demi de ferraille tassant contre le trottoir ou emportant avec l'aile avant droite. Tant pis pour le code de la route, et la peste soit des aménageurs qui ne servent qu'une seule catégorie d'utilisateurs. En agglomération inconnue, ou sur un pont, le cyclo-campeur n'a pas le choix de l'itinéraire et trouve le moins mauvais compromis possible pour sauver sa peau, et le piètre escaladeur et descendeur honorable le compromis qu'il peut pour arriver avant la nuit.

Il est des faux-plats longs comme des jours sans pain. Celui-ci promet de confirmer la règle, longue longue ligne droite coiffée d'un bosquet sombre. Je profite de l'inertie accumulée dans la descente qui a précédé. Plateau du milieu, et pignon ni grand ni petit, les pieds tournent presque dans le vide en attendant la gravité. Ça commence à résister, presque subrepticement. Majeur droit me fait remonter sur un pignon arrière un peu plus grand. La cadence ralentit. La gravité accentue la résistance, majeur droit. Et encore une fois.

C'est le bon braquet du moment. Ma cadence est moyenne, et la résistance itou. Je pourrais tourner ainsi pendant des kilomètres. Voilà le vent. J'en étais jusque là protégé dans le creux, et une aimable haie latérale. Je remonte d'un cran derrière à titre conservatoire. Mon premier contrôleur cardiaque m'avait montré que mes efforts les plus intenses se produisaient dans les faux-plats montants par vent défavorable. Présomption du rouleur qui refusait une chute d'allure dans une pente aussi faible. La raison, l'âge, et les observations m'ont rendu plus prudent.

Mon pédalage est régulier, à une cadence identique à celle du plat. Mon buste est presque droit, les deux mains près de la potence, les coudes légèrement écartés. Un coureur dirait que je roulotte. Il aurait raison. Je roulotte presque toujours, tournant les pieds plus qu'appuyant. Il en est de la conduite du vélo lourd comme de l'art poétique « de la douceur en toutes choses, rien qui pèse ou qui pose ». Modeste. Et fier de l'être.

La fin du faux-plat a l'air moins roulante. Le degré de la pente augmente un peu et le doux asphalte est remplacé par un revêtement plus gravillonneux. Un bon coup du pouce droit, puis un autre du gauche, me voilà sur le plateau de montagne, le petit à gauche, et au milieu de ma roue-libre derrière. Trop petit. Je tourne dans le vide. Je descends de deux crans à droite derrière pour retrouver le juste rythme.

Devant et derrière, plateaux ou pignons, c'est pareil. Je mets la chaine à droite de la roue-libre derrière quand c'est facile, à gauche quand c'est dur.

Mes développements sont composés de manière à ce que le plus grand possible avec le petit plateau soit à peu près identique au plus petit avec le plateau moyen. Je me rends compte n'avoir en fait pas changé de braquet même en changeant et de plateau et de pignon. Tant mieux. Ma vitesse reste la même au sommet que dans la pente, et j'aurais eu de la réserve au cas où le vent et le gravier m'auraient freiné.

Arrivé en haut du faux-plat, sans m'arrêter, je m'accorde une pause. Un coup de Château la Pompe, un peu de danseuse pour soulager, j'entame la fausse descente. Je remets le plateau moyen et un pignon à gauche pour débuter. Je relance tranquillement. Le poids m'avantage moins que dans une vraie descente. J'arrive au maximum de la cadence. Je laisse la roue-libre cliqueter agréablement et cesse un peu mon pédalage. Je tourne les pieds lentement. Ça repose. Je prends un peu de vitesse. Un coup de pouce droit et je tombe d'un pignon à droite. Les pieds tournent plus vite, jusqu'à atteindre le maximum du possible sans douleur, soit, dans mon cas, environ cent vingt à centre trente tours par minute. Je laisse filer sans pédaler quelques mètres, puis je tourne lentement sans entraîner la roue. Et ainsi de suite. Ce faisant, je copie la méthode des anciens que je savais être des pratiquants des longues distances et que j'ai eu l'occasion d'observer dans ces faux-plats descendants.

Le faux-plat descendant est un moment de détente. La vitesse étant modérée, et sous réserve qu'aucun danger potentiel ne se profile, je fais le point. Je consulte mes instruments de mesure et la carte. Où suis-je exactement ? Où est le prochain embranchement ? J'évalue le temps restant avant l'arrivée à l'étape, sur la base de quatre minutes au kilomètre roulant et six minutes arrêts compris. C'est dire la performance.

J'avais prévu un itinéraire. La carte indique cependant des chevrons ici et là sur ce parcours, en principe annonciateurs de pentes un peu plus fortes. Un autre itinéraire, de longueur équivalente, semble plus intéressant. Il comporte un seul chevron en montée, et une bonne dizaine de kilomètres plus loin, un autre en descente. Les sources des petits cours d'eau convergent vers cette autre route. La carte indique des points d'altitude, d'ailleurs proches, à plusieurs endroits de ce parcours alternatif. Ce doit donc être une ligne de crête, probablement avec des descentes et des montées moins nombreuses et moins pentues que sur le parcours initial. Le paysage y sera plus dégagé, mon regard portera plus loin. Le vent est faible, il n'est donc pas indispensable de passer dans les trous pour s'en protéger. C'est décidé ! Je prends cet autre parcours.

La différence entre un faux-plat et une vraie côte, ou une vraie descente, est ténue. Elle ne tient pas tant au degré de la pente qu'aux sensations. Le faux-plat de l'un peut être la côte de l'autre, et réciproquement, la descente d'un moment peut être une fausse descente à un autre. La fatigue accumulée, la capacité intrinsèque ou de l'instant, le sens et la force du vent, la température, le nombre d'heures de sommeil de la nuit qui a précédé, la pluie incessante depuis des jours, l'heure du repas... tout joue. Rien n'empêche de traiter les montées comme des faux-plats, pour autant qu'on en ait la force, soit en laissant venir la pente au lieu d'anticiper. Cependant, les cyclos-campeurs de ma connaissance en sont d'accord : après deux ou trois jours, les nerfs étant restés ici ou là et un peu partout sur le trajet, la moindre pente est traitée spontanément comme une côte, et le petit plateau est de mise, quitte à « en remettre » (à droite) si la possibilité s'en fait sentir. De même, nombre de ces femmes et hommes d'expérience n'utilisent pas le grand plateau, économisant ainsi de l'énergie sur les relances. Bref, par application de l'article 22 (voir ci-dessus), à chacun de voir ce qu'il peut faire sans se casser plus qu'il n'est raisonnable, en ayant à l'esprit que tout à l'heure, demain, ou dans trois jours, il y aura bien d'autres montées et pas mal d'autres descentes.