organiser une sortie à la journée

Tiens, j'irais bien faire un tour à vélo. Vous en avez l'habitude, vous êtes seul ou avec des personnes de même force que vous, vous connaissez bien la région, il va faire beau, donc aucun problème. Parfois, toutes ces conditions ne sont pas réunies. Alors, un peu de préparation peut servir, d'autant plus si vous organisez pour d'autres. Tout ne s'invente pas. Les suggestions qui suivent sont autant d'option que vous pourrez suivre, ou non, selon votre convenance. Je ne prétends pas avoir passé tous les paramètres en revue. Depuis le temps que je tourne en rond, je serais quand même un peu surpris d'avoir oublié les principaux.

Nous sommes dans un site de cyclo-campeur et de promeneur. Une sortie à la journée ne se termine pas pour autant par une nuit sous la tente. L'état d'esprit est néanmoins sensiblement le même qu'en voyage : convivialité, promenade, grand air, découverte culturelle... Pour le sport, voyez avec vos musculaires habituels, et prenez plutôt une autre route, ni pire ni meilleure, juste une autre, même si l'organisation d'une sortie de bourrins sportifs à la journée obéit aux mêmes principes qu'une sortie de trainards promeneurs.

Il est possible d'agrandir les photos en cliquant dessus.

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Encore quelques salamalecs (salutations traditionnelles voulant dire "que la paix soit avec vous") et on va y aller.

A quelle heure on part ? A quelle heure on rentre ?

Je liste les principaux critères pour déteminer ces horaires, et je donne un peu plus bas un tableau qui calcule sans prise de tête après y avoir entré les données.

Se renseigner sur les heures de lever et coucher du soleil, surtout l'hiver.

Ben, on part à l'heure qu'on veut, non ? Eh eh. Justement, pas toujours. Enfin, si, aux alentours du 20 juin, le jour dure presque 16 heures. Cool. On se met d'accord sur l'heure de démarrage et le point de rendez-vous et basta. Le 20 décembre, le jour dure un peu moins de 8h30, se lève à 8h49 et se couche à 17h18 (ici. A Nancy, c'est de 8h24 à 16h41). On en a vu se mettre à rouler à toute allure pour arriver avant la nuit faute d'avoir pensé que la nuit tombe tôt l'hiver. C'est ballot, pour ne pas dire plus. Certains GPS donnent ces informations. On peut regarder sur l'éphéméride de la cuisine, des sites météo, ou aller voir un site spécialisé.

Ce 20 décembre, en démarrant à 14 heures, et en allant jusque là-bas parce la route est sympa et le coin joli, est-ce qu'on sera rentrés avant le coucher du soleil ? La réponse est : ça dépend. Comme le temps de refroidissement du fût du canon. Plus concrètement, on peut essayer de calculer combien de temps on va mettre, en fonction des arrêts, de la vitesse et tout ça.

Evaluer la vitesse à laquelle on roule.

Evaluer la vitesse à laquelle on se déplace, surtout si on a pas l'habitude, n'est pas le plus simple. Soyez modestes, prévoyez 12 ou 15 km/h, ou moins avec des enfants ou des personnes peu accoutumées. Tant mieux si vous faites du 20 de moyenne roulante. Il est préférable d'avoir de la marge pour demeurer serein. Pour connaître cette moyenne en déplacement afn de préparer les sorties, moyenne qui donc ne tient pas compte des arrêts, installez un petit compteur sur votre vélo, genre Sigma 5.16 ou équivalent dans une autre marque connue (pour la garantie), avec transmission par fil (une seule pile). Trois fonctions suffisent : vitesse instantanée, distance journalière et durée journalière. La vitesse moyenne en plus, c'est bien. Sinon, divisez le kilométrage du jour par la durée journalière pour l'obtenir. Vous en aurez pour moins de 15 euros, peut-être moins de 10, et si vous l'installez correctement, il vous durera des années. Une appli de smartphone ou un vrai GPS vous en diront davantage, si ça vous amuse, mais ça ne sert objectivement pas à grand chose pour se promener, sauf pour être guidé en terrain inconnu.

Envisager les arrêts.

Pédaler c'est bien, c'est sain, plaisant et tout et tout. Savoir faire des pauses aussi. En général, on compte 20 minutes pour une petite pause, genre café-gâteaux secs, et une heure ou plus pour le pique-nique. On peut prévoir une sieste par beau temps chaud, moins facilement l'hiver. 

Deux types d'arrêts sont, peut-être, moins attendus que d'autres.

La premier est local. J'habite près d'un fleuve. Nos sorties nous font souvent le franchir par un bac ou un autre. Nous savons qu'il faut 20 minutes environ entre l'attente et la traversée.

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Le bac entre Le Pellerin et le Paradis. Crédit photo Piano44.

La deuxième est l'incident mécanique, le plus fréquent étant la crevaison. La crevaison n'est pas à proprement parler un problème de mécanique qui est l'étude du mouvement. Il y a des jours où les pédants sont aussi agaçants que les ignorants. L'incident peut arriver n'importe où et n'importe quand. Depuis le temps, j'ai constaté que tout peut user et se casser. Si vous savez réparer, sans vous presser, vous en avez pour 20 minutes environ, y compris le temps de sortir les outils et de vous nettoyer les mains après l'opération (contrairement à la chirurgie, on se nettoie les mains après l'opération et non avant). Les crevaisons sont plutôt rares, mais on ne sait jamais. J'ajoute donc 20 minutes systématiquement à la durée de toutes les sorties d'un jour.

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Ce n'est pas tous les jours, mais ça peut arriver.

Si vous ne savez pas réparer une crevaison, vous êtes mal partis pour vous promener l'esprit dégagé. Emportez toujours le nécessaire de réparation : chambre à air du bon format (largeur et diamètre du pneu, valve identique), la pompe qui gonfle (vérifiez avant) et les minutes (=démonte-pneu), clé plate ou clé alène adaptée au démontage de vos roues si elles n'ont pas d'attache rapide. Au moins, vous pourrez vous faire aider. Bien mieux : apprenez à réparer vous-même votre vélo dans un atelier comme ceux-là l'heureux cyclage ou demandez à un connaisseur de votre entourage de le faire avec vous sur votre vélo. Profitez-en pour apprendre à faire le minimum en matière d'entretien : gonfler les pneus, huiler la chaîne et les dérailleurs, changer les patins de freins ou un câble,... Ces opérations toutes simples quand on les a faites une fois simplifient la vie, tranquillisent l'esprit et soulagent le portefeuille. En cas de pépin, vous ferez face.

Avec des enfants, surtout petits, on prévoiera davantage de pauses, pour les hydrater s'il fait chaud, et les occuper plaisamment à autre chose que de rester coincé dans une remorque ou pédaler derrière papa ou maman. Les enfants aiment bien se promener à vélo, regarder autour d'eux, et avoir des moments d'échanges privilégiés avec les autres.

Tandem et follow meAvec des grandes personnes peu accoutumées aux promenades à vélo, on adaptera son allure, et on leur fera découvrir de beaux endroits, ou apprécier les noms de lieux-dits. Bien des choses peuvent être intéressantes, à condition de s'y intéresser. Tous ces arrêts sont à envisager dans nos calculs. Plus le groupe est important, plus l'arrêt risque d'être long. Quand ça commence à discuter, c'est un bon signe que le groupe fonctionne comme un ensemble, mais il n'est toujours facile de faire redémarrer la chenille.

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Le fichier qui fait les calculs automatiquement.

J'ai fabriqué un petit tableau qui s'efforce de résumer les critères. Il y en a deux. Un qui fait les calculs à partir de l'heure connue de départ, et un autre à partir de l'heure d'arrivée.

Les deux versions du fichier, une Excel, une Open Office : Estimation horaire randonnee excEstimation horaire randonnee exc (10.5 Ko) Estimation horaire randonnee ooEstimation horaire randonnee oo (19.71 Ko)

Les calculs à l'ancienne.

Il est aussi possible de faire les calculs "à l'ancienne". C'est un bon exercice pour comprendre au lieu d'être dépendant de l'électronique et de s'atrophier le cerveau. Le nombre de km peut s'évaluer sur une carte routière, avec les chiffres entre deux balises, ou un double-décimètre, ou bien en posant une petite ficelle sur le trajet puis en multipliant le nombre de cm de la ficelle par l'inverse de l'échelle. Par exemple, si votre ficelle mesure 15,4 cm sur une carte au 1/150000ème, genre Michelin, vous prévoyez d'accomplir 15,4X150000= 2 310 000 cm, soit 23,1 km. Ensuite, connaissant la vitesse moyenne en déplacement, on évalue le temps. Les fractions nous apprennent qu'un cycliste roulant à 20 km/h met 3 minutes par kilomètre. S'il roule à 15 km/h 4 min, 5 min à 12, et 6 min à 10. Vos obtenez votre temps de déplacement. Vous additionnez pour finir la durée de vos arrêts (pauses diverses, incident technique, passage de bac...), puis votre heure de départ et vous obtenez votre heure d'arrivée. Ou vous soustrayez le résultat de votre addition de toutes les durées à votre heure d'arrivée pour en déduire votre heure de départ. Et hop !

Pour faire une belle journée, il faut aussi...

Une météo favorable.

Les dur-e-s, les tatoué-e-s, les aigles des cimes et autres randonneurs-neuses au long cours mettent un point d'honneur à affronter virilement toutes les conditions météorologiques. D'autres veulent soigner la pureté de leur teint d'anglais-e et profiter des brumisateurs naturels sous une pluie battante. Chacun ses prétextes. Notre but étant la promenade, éventuellement de faire découvrir les joies de la balade à vélo à des personnes qui ne le pratiquent que rarement, nous n'allons pas jouer aux héros. Il arrive de prévoir une sortie, et de devoir renoncer car le temps sera exécrable. Un peu de sagesse ne nuit pas à l'agrément.

Quel est le meilleur site pour les prévisions ? Pour sortir souvent et en pratiquer plusieurs, ma réponse sera claire et nette : aucun ! "La prévision est difficile, surtout quand elle concerne l'avenir"  a dit Pierre Dac. Consultez donc une demi-douzaine de sites et faites une moyenne, qui vaudra ce que valent les moyennes en général. Sans me fier spécialement à l'un ou l'autre, je regarde en ce moment  Météo France, Meteociel, La Chaîne Météo, La Météo Agricole, Météo Région Nord, la météo norvégienne, les américains d'Accuweather, et une petit dernier également agricole : Pleinchamp. Là, ils sont réglés pour avoir les prévisons au-dessus du toit de mon domicile habituel. Vous adapterez le tout à votre localisation.

Dans la neigeIl n'est pas question pour autant de renoncer à une sortie à vélo pour trois gouttes ou deux flocons. Le proverbe cyclotouriste le dit "le meilleur moyen d'éviter une averse, c'est de se mettre à l'abri". Testé et approuvé. Ou alors il faut choisir ping-pong. Avec une veste imperméable l'été, et une tenue adaptée l'hiver, on peut sortir sans risque par une météo qui n'est pas parfaite sans être redoutable. Et puis de temps en temps, avec des ami-e-s qui ont l'habitude, on se la joue plus gonflés, comme quand Marcel attaque dans le marais.

Rentrer (de préférence) vent dans le dos.

Les prévisionnistes arrivent fréquemment à s'accorder sur le sens du vent, sauf s'il est très faible. Autant partir vent dans le nez, quand on s'en retourne on l'a dans le dos. Plus on avance, plus on se fatigue. Le vent qui pousse est une aide bienvenue pour finir la tournée décontracté et donner envie de revenir. L'hiver, le vent dans le nez fait baisser la température ressentie, alors qu'on garde sa chaleur avec le vent qui pousse. Vous verrez que beaucoup de personnes croient dur comme fer que le vent est tombé quand il devient favorable. C'est toujours amusant. Ils ne voient ni les drapeaux, ni la fumée, ni la végétation. Ils se croient tout-à-coup bien plus forts. Faites-leur croire aux bienfaits de l'entrainement, avant de leur dire que c'est plus probablement le vent. Mieux que les massages et les étirements, faire les derniers kilomètres vent dans le dos en pédalant gentiment presque dans le vide est, avec la consommation d'eau, la meilleure manière d'éviter les douleurs musculaires.

Avec un VAE, le conseil vaut, car la  batterie d'un VAE donne moins de pêche au moteur au fil de la randonnée, son voltage baissant progressivement. Un petit courant d'air favorable économise des watts et des forces pour finir tranquilou.

Avoir préparé l'itinéraire

Il est possible d'improviser un parcours. Surtout quand on part sur un parcours très balisé, par exemple la Véloroute Rhin. Point n'est alors besoin de préparation. Pour une sortie de 40 km, on fait 20 bornes sur l'EuroVélo 15 ou l'EV5, on pique-nique et on rentre. Faisant des sorties très fréquentes et depuis un bon moment, il est possible d'agir de même, les bons itinéraires étant déjà dans la tête. Dans un coin qu'on connaît moins bien, c'est moins simple.

Il existe heureusement des sites avec des fonds de cartes qui permettent de préparer les sorties sur des itinéraires sécurisés, ou au moins sur des petites routes peu fréquentées. Les sportifs utilisent des trucs comme Strava. Ce sont des sportifs. Les vieux sont contents de retrouver les fonds de carte IGN sur Openrunner. J'accorde une préférence à GPSies (ce lien mène à une page où est présenté un mode d'emploi), prononcer "gypsies" (=nomades). On y voit les itinéraires aménagés pour les vélos avec les fonds de carte Sigma Cycle, Open Cycle Map ou en utilisant les Waymarked Cycles, et est très souple d'utilisation. Même si on a pas de GPS, il permet de bien préparer une sortie en anticipant les difficultés, puisqu'il donne un profil altimétrique. Il peut aussi servir pour préparer une sortie pédestre ou à moto. Avec le fond de carte Open Street Map, en zoomant, vous verrez les endroits où il y a des tables pour le pique-nique, et des toilettes.

On peut agrandir les photos en cliquant dessus.

ColmarLes principales voies cyclables dans et autour de Colmar (département du Haut Rhin, région du Grand Est, France) visibles avec Waymarked Cycles de GPSies sur le fond de carte Sigma Cycle.

TurckheimTurckheim, détails (cliquer pour agrandir).

Quand vous en serez à organiser plusieurs sorties, changer le préparateur. Chacun roule à sa façon. Chacun fait des parcours à sa façon : du chemin ou de la route, des bords de grande route pour aller plus vite, des petites voies compliquées pour être tranquille... La diversité renforce l'envie.

Il est toujours possible d'organiser une sortie "à l'ancienne", avec des photocopies de cartes découpées puis collées les unes au autres et en surlignant le parcours. Les cyclistes et les marcheurs l'ont fait longtemps. Ne vous en privez pas, si vous maitrisez bien ces technologies, ciseaux et ruban collant. L'essentiel est de ne pas se perdre longtemps, surtout en groupe avec des personnes qui n'ont pas l'habitude de la petite aventure que représente une promenade à bicyclette par des routes inconnues.

Pour la première sortie, faites une reconnaissance préalable. Vous estimerez ainsi les divers points éventuellement problématiques, que ce soit pour la navigation ou la sécurité, ou le temps nécessaire pour accomplir le parcours, ou encore les points d'intérêt, d'arrêts ou de confort.

SaumurCarte de l'Etat Major milieu 19ème sièce, environ de Saumur (département Maine-et-Loire, France). Introuvable en fond de carte pour établir un parcours sur Internet.

Conduire un groupe : cohésion et sécurité.

Les cyclistes sont sur les routes depuis des décennies. Ils ont quelques mauvaises habitudes, et quelques bonnes dont il faut tenter de s'inspirer.

Le "conducteur" du groupe, que les cyclistes anciens appelaient "capitaine de route", joue un rôle majeur. Un groupe trop important en nombre peut poser des problèmes. Le code de la route contient des dispositions pour les cyclistes qui sont loin d'être absurdes.

Désigner un capitaine de route, et un serre-file.

Etre capitaine de route n'est pas un grade, juste un rôle provisoire et interchangeable. Il sert de point de repère, les autres savent que c'est elle ou lui qu'il faut suivre. Il connait donc le parcours, ou est capable de suivre les indications de la carte ou d'un GPS. Il régule l'allure, ni trop vite ni trop lentement en fonction des possibilités du groupe dans la circonstance et notamment des plus lents. Il annonce le changement de direction en tendant son bras suffisamment à l'avance pour que les suiveurs puissent le voir, et l'imiter et en informer ainsi les automobilistes. Tourner à gauche devra être encore plus anticipé. Les parcours de vélo tournent souvent dans le sens des aiguilles d'une montre car il est moins risqué de tourner à droite qu'à gauche.

Il informe des trous dans la chaussée ou des morceaux de verre au sol en tendant son doigt vers le danger et en disant "trou" ou "verre". Il fait un signe pour s'écarter du bord de la chaussée quand il décèle une portière qui va s'ouvrir en proclamant "portière" d'une voix forte. Il informe ainsi ceux qui sont derrière mais aussi l'automobiliste qui se croit tout seul dans sa boite. Il peut aussi dire "halte au feu" en ville, dès que le feu devient orange, "voiture en face" quand ça bavarde et que le groupe a tendance a prendre trop de place en largeur, "vélo en face" sur une piste cyclable bidirectionnelle. Aux carrefours, surtout de routes plus importantes, il signale qu'une voiture arrive de la droite ou de la gauche "voiture à droite" "voiture à gauche", même si elle est encore loin, car un groupe de cyclistes redémarre lentement. Bref, il informe les personnes qui le suivent de l'itinéraire et de tout ce qui peut représenter un risque pour la sécurité du groupe. 

La ou le capitaine de route veille à faire repartir le groupe progressivement. Un groupe a tendance à s'étirer au démarrage ou après chaque ralentissement, même une simple bifurcation. Si on n'y prend pas garde, le groupe se retrouve rapidement étalé sur des centaines de mètres, et bien plus en ville à cause des arrêts aux feux rouges. Sans être aussi bien organisé qu'un groupe de coureurs ou de cyclotouristes sportifs où chacun sait profiter de l'abri de celui qui précède, surtout contre le vent, on a tout à gagner à ce que le groupe demeure relativement serré, pour la convivialité et la sécurité. Les distraits peuvent se perdre s'ils ne voient plus ceux qui les précèdent. Les plus lents pourraient être dégoutés, et donc trainer encore plus, à force d'être toujours largués et d'avoir le sentiment d'être des boulets qui font attendre les autres. Permettre aux plus lents de suivre facilement fait gagner du temps à tout le groupe. La bonne allure est souvent difficile à trouver, assez vite pour que ça avance sans que les plus forts s'ennuient, pas trop pour ne perdre personne. Il décide aussi des lieux et moments d'arrêts, pas tout seul si possible.

Des clubs cyclotouristes veillent au respect des traditions, qui ont leurs raisons d'être et sont plus rigoureuses que ce que je viens d'écrire. Quelques uns proposent une définition du capitainat. Voici celle du VCMB Cyclo.

Je ne roule pas qu'en club, mais dans le mien où j'ai pas mal appris, les sorties en semaine se font sous l'égide d'un-e capitaine de route qui change quasiment à chaque sortie. Nous décidons en début d'année qui choisira le parcours et conduira le groupe à telle date. Chacun est chef à son tour, quand il l'a voulu. Vive la douce anarchie bien organisée !

Capitaine audax

Un groupe que l'on sent organisé, c'est-à-dire un peloton, par opposition à un paquet ou, pire, un troupeau. Il serait possible de leur reprocher de rouler à trois ou quatre de front au milieu du peloton, peut-être à cause d'un simple changement d'ordre dans les places, le temps que chacun (re)trouve la sienne.

 Le serre-file est le dernier du groupe, et est identifié comme tel. Au départ, on désigne au groupe le capitaine et le serre-file. Le capitaine est devant, et le serre-file est forcément derrière. Le serre-file aussi connaît le parcours. Il doit ramener ceux qui sont perdus et soutenir le moral des fatigués. Pour varier, on peut intervertir les deux de temps à autre. L'invention du téléphone portable a simplifié le rôle du serre-file. Avant, il devait rattraper le groupe pour dire qu'il y avait un problème, puis faire demi-tour pour aller aider à la réparation. Maintenant, c'est simple comme un coup de fil, à condition que les premiers entendent leur portable, ce qui n'est pas toujours évident si ça papote, qu'il y a du vent, et que la sonnerie n'est pas réglée à son maximum.

Il doit aussi gueuler (le dire fort) "voiture derrière" pour que le groupe serre à droite, voire se mette en file simple si la largeur est insuffisante ou que le véhicule a signalé son approche, pour le laisser passer. Il peut également être amené à informer le capitaine d'une erreur de parcours, ça arrive à tout le monde.

Le capitaine et le serre-file auront tout intérêt, pour surveiller ce qui se passe derrière eux sans avoir à tourner la tête et donc s'écarter du bord de la route, à avoir un rétroviseur et même deux. On en fait de nos jours de toutes sortes, robustes et bien pensés, par exemple, les Bush et Müller pour les cintres de VTC ou de randonneuses, et les Sprintech pour les guidons de course.

Il est préférable que le groupe demeure un peu groupé. Il faut néanmoins relativiser. Avec un groupe de personnes qui se connaissent bien, qui savent donc qu'on ne va pas filer comme des malappris, sur une route peu fréquentée, et d'autant plus si parmi les attardés (relatifs) plusieurs peuvent guider, rien n'empêche que le peloton s'étale sur des centaines de mètres. Tant que personne n'est perdu et que tous sont en sécurité, tout va bien.

Scinder le groupe, si besoin.

Il existe un nombre raisonnable de cyclistes par groupe, disons quinze ou vingt. Plus nombreux, vous aurez difficilement une vue sur ce que devient l'arrière-garde. Vous risquez de perdre du monde en route, ça peut être très embêtant. Vous ne pourrez estimer la forme restante des uns et des autres. Tant que ça parle, ça va. Un groupe silencieux est dans la difficulté. Un groupe trop nombreux pose des problèmes de dépassement aux automobilistes sur des voies à fort passage. Vous allez les énerver, et peut-être leur faire (encore plus) prendre des risques avec les cyclistes. Tous seront stressés. Ce n'est certainement pas le but d'une sortie à vélo. Si le groupe comprend plus de vingt cyclistes, mieux vaut faire deux paquets.

Respecter le code de la route, et le bon sens.

Les conditions dans lesquelles les cyclistes peuvent rouler à deux de front sont éventuellement connues, elles ne sont pas toujours respectées. Pour faire simple, il est possible de rouler à deux de front, jamais plus, partout où c'est possible. C'est-à-dire là où la visibilité est bonne devant et derrière (jamais la nuit), où la circulation est bien fluide avec peu de véhicules automobiles, et donc jamais dans des virages, sur des routes fréquentées, etc. Vous avez souvent le "droit" de rouler à deux de front, n'oubliez jamais que des automobilistes ne veulent pas le savoir, et qu'ils roulent dans des engins d'une tonne et demi qui vont cinq à dix fois plus vite que nous et qu'ils ne sont pas absolument tous intelligents.

Nouveaux panneaux

De nouveaux panneaux qui marquent des tolérances plus que des droits pour les cyclistes mais fluidifient leur circulation en milieu urbain.

Le code nous dit aussi en quelles circonstances on doit utiliser le gilet rétroréfléchissant : en conditions de mauvaise visibilité ET en dehors des agglomérations. Le gilet n'est pas obligatoire la nuit en ville, mais est obligatoire dans le brouillard ou dans un tunnel en plein jour. Il est toujours préférable d'être très visible. Les conducteurs des gros véhicules ne voient que dans le rectangle de leur pare-brise, quand il est propre, quand ils ne sont pas distraits, ne roulent pas trop vite, n'ont pas trop absorbé d'alcool ou d'autres substances psychotropes. De plus, l'automobile rend agressif et mal embouché (enfin, souvent). Les tenues sombres à vélo sont vivement déconseillées. Il existe des gilets haute visibilité pour cyclistes qui sont moins sensibles au vent et vous ralentiront moins que les banales chasubles, quoiqu'aussi moches.

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Gilet

Un modèle adapté à la pratique du vélo.

N'hésitez pas à vous transformer en sapin de Noël aux couleurs criardes avec lumières et surfaces réfléchissantes partout sur vous, le vélo et les sacoches. L'éclairage est obligatoire, et c'est bien le moins, dès que la visibilité baisse et non seulement la nuit, mieux vaut alors l'avoir sur le vélo, de même que les dispositifs réfléchissants le sont en permanence : avant et arrière, sur le côté, pédales. Ce n'est pas l'amende qui est à craindre, c'est l'accident.

Pour être un peu tranquilles, utilisez au maximum les aménagements cyclables (réclamez-en d'autres aux pouvoirs publics). Ne faites pas comme les couraillons qui estiment les pistes indignes de leur grandeur de bourrins sportifs. Ne prenez les grandes routes dépourvues d'aménagement que si vous y être vraiment contraints, pour passer un pont par exemple. Mieux vaut faire un détour que de se retrouver au milieu des camions et des voitures roulant trop vite sur une départementale importante. Les gentils bretons se transforment en fous furieux et viennent raser les cyclistes avec leurs camionnettes d'artisans, leurs voitures individuelles et même leurs poids lourds quand on a le malheur de devoir prendre une route à grande circulation. Gardarem lou vitesse est un slogan partagé un peu partout et, pour ces conducteurs une fois lancés, le respect de la vie humaine semble bien moins crucial que de risquer de perdre quelques secondes en ralentissant pour des raisons de sécurité, pour respecter le mètre cinquante d'espace obligatoire hors agglomération entre le cycliste et le véhicule le dépassant, et donc en attendant un peu si nécessaire pour en disposer.

Un document faisant le point sur les parties du code de la route concernant plus particulièrement les cyclistes : Code le la route dispositions pour les cyclistesCode le la route dispositions pour les cyclistes (128.87 Ko). Toutes les autres dispositions valables pour tous s'appliquent aux cyclistes : stop, priorité à droite, respect des piétons, etc.

Bonnes promenades ! 

Surtout en matière de promenade à vélo, la théorie est une chose, mais l'important est la pratique. Voici donc une flopée d'exemples rigoureusement recueillis par Piano44 index calendaire de nos balades.