du confort à vélo

Du confort, du confort, du confort

Le confort sur le vélo permet d'y rester longtemps. Ce n'est pas un but en soi, juste la condition nécessaire pour voyager. Le confort, comment ? Le confort est le résultat d'une combinaison de facteurs : la position du cycliste, les pneus, la selle, les garde-boue, le guidon, les gants, les suspensions (?), la fourche, son déport et sa chasse, et les bases arrières. Que ça.

Le réglage de la position du cycliste est le préalable indispensable au confort voir : réglage position

Les pneus doivent être suffisamment larges, voir : choix vélo

La selle voir : choix vélo

Les garde-boue

J'en connais qui n'en mettent pas, pour de bonnes raisons. Ils voyagent par des chemins très boueux, dans des climats plutôt chauds, et se moquent d'être trempés. Ils ont renoncé aux garde-boue pour que la boue ne coince pas les roues. La gadoue, les torrents, les névés et les moraines, j'y vais pas souvent, ou alors en pestant beaucoup.

D'autres ont de mauvaises raisons pour se priver de cet accessoire : la légèreté, l'aérodynamisme... À 15 km/h... Pffffff... Et puis, c'est tellement beau cette grande marque de crasse au milieu du dos à la première averse, et tellement agréable de s'en prendre plein la tête quand on suit un autre cycliste qui n'a pas de garde-boue. Font comme ça leur chante. 650b-panneau-650.jpg

pliant-et-garde-boue.jpgTous les autres, soit la grande majorité des voyageurs à vélo, ont des garde-boue, des vrais, rigides, bien couvrants, supportés par des tringles arrimées au cadre par des vis et des boulons, et non des avortons branlants et provisoires. Chromés, alu, composite, métallo-plastique, leur matériau importe peu. Ils protègent le vélo, le cadre, les sacoches, la mécanique, et le cycliste. Ils sont un vrai plus en terme de confort. C'est aussi l'endroit où l'on peut accrocher le feu arrière, et celui où l'on peut apposer des auto-collants pour dire de quelle tribu on se revendique ou d'où on vient.  

Le guidon (ou "cintre")

papillon.jpegLe type de guidon n'est pas vraiment le plus important (le type au guidon si). La mode est au plat en ce moment. C'est une mode. Pour le long cours, on préfèrera le multi positions : trekking (ou « papillon ») ou le guidon « de course », qui serait resté mon choix, pourvu qu'il soit à peu près à la même hauteur que la selle, et pas trop loin de cette selle (une coudée) afin que mon dos fasse un angle de 30 à 45° environ.

Pour limiter les vibrations dues aux irrégularités de la route on peut ajouter sur le guidon des tubes en mousse à enfiler, en finissant par de la guidoline en tissu, ou des bandes de gel, disposées sous la guidoline, ou parfois incluses dans la guidoline, la guidoline étant le ruban que l'on colle en l'enroulant autour du cintre.

Les guidons papillon se vendent avec la mousse déjà installée pour pas plus cher en cherchant un peu, environ 15€. Une gaine en cuir lacée est confortable pour les mains et protège la mousse, pour autant qu'on puisse en trouver. La gaine en cuir lacée n'a ici aucun autre usage.

Les gants

et le casque, les chaussures, le bonnet et le mouchoir, voir : casque chaussures bonnet mouchoir gants

Les suspensions

mais aussi, le cuissard, les crèmes, et un bout de pneu en suivant le lien ci-après. Les suspensions, je les trouve lourdes, compliquées à entretenir et mangeuses d'énergie, voir : questions de fond

Toutefois, j'avais quand même conservé avec un cadre alu une tige de selle avec une suspension élastomère basique mais qui convient bien qu'elle prenne du jeu avec le temps comme toutes celles du genre. Un copain "roule toujours" est ravi par sa Cane Creek, une tige de selle suspendue coûteuse mais sérieuse et durable. Comme pour la selle, chacun s'arrange comme il peut (conformément à l'article 22) pour trouver la solution qui lui est la mieux adaptée.

La fourche, les bases et la chasse

Le vélo du cyclocampeur, par définition, est porteur. En principe, les 2/3 du poids transporté sont disposés à l'avant. La chasse sera suffisante, mais pas pour se nourrir. Que vient faire la chasse sur le vélo ? Y'a plus savant que moi pour le dire, je pompe donc dans Cyclos Cyclotes qui lui-même s'est inspiré d'un article de Jean-Michel Richefort paru dans la revue Cyclotourisme : « La fourche : droite ou cintrée, la stabilité et la maniabilité d'un vélo dépendent en majeure partie de la "chasse" de sa fourche (plus la fourche est cintrée, plus elle apporte de confort et de souplesse). Veillez à ce que celle-ci soit positive et se situe entre 40 et 60 mm. Faut-il le rappeler, la chasse, c'est la distance entre le point de contact de la roue à la verticale et la ligne prolongeant l'axe du tube de direction (mesurée au sol). La fourche droite ne se justifie pas vraiment dans la pratique du cyclotourisme. » La raison en est qu'une fourche cintrée permet une dispersion, faible mais non nulle, des chocs entre pneu et route. Le déport et la chasse de la fourche influent plus sur le comportement et le confort du vélo que sa forme courbée ou droite.

Une autre source d'information (y'a des articles vachement scientifiques sur ces sujets) à peu près compréhensible même si on est pas physicien peut être trouvée là, c'est plutôt pour les tandems VTT, mais c'est pareil : http://tandems.free.fr/mountain/geometrie/geometrie.html  là c'est plutôt clair aussi http://triveloweb.pagesperso-orange.fr/fiche_technique/fourche_FT.htm ou ici en acceptant de se prendre un peu plus la tête : http://www.scribd.com/doc/56411236/Physique

Une petite chasse permet donc la maniabilité, de relancer plus facilement et de bien tourner dans les virages, et une grande chasse donne de la stabilité et du confort, sauf que... les vélos de tourisme ont parfois une assez petite chasse pour faciliter le contrôle avec le chargement et un centre de gravité plus bas, ce qui peut avoir pour conséquence une certaine instabilité quand le vélo n'est pas chargé. La conclusion à en tirer serait que les vélos de tourisme devraient avoir à peu près la même chasse que les vélos de course. Pourtant, ces vélos ont aussi des chasses relativement plus importantes, ce qui les rend moins maniables peut-être mais plus faciles à chevaucher longuement.

Regardons un vélo routier des années 1970, par exemple le « Cyclotouriste - Hirondelle » de chez Manufrance, ici à droite. J'avais à peu près le même dans les années 1960, et celui des années 2010 lui ressemblait pas mal par la forme, les matériaux et composants ayant évidemment évolué. Il se trouve que je fais à peu près la même taille qu'à l'époque et que ma pratique continue d'être inspirée des mêmes principes. cyclotouriste-manufrance.jpg

numeros-de-bouts.jpgLa chasse donnait du confort et permettait d'aller droit sans crisper les mains, les poignets, les épaules ou la nuque. Les bases arrières (tubes entre le pédalier et le moyeu arrière, n°2 dans le schéma de gauche) étaient longues, suffisamment pour contribuer aussi à la stabilité.

tube-selle-courbe.jpgLes cadres de vélo ont eu tendance depuis à raccourcir, avec bases arrières plus courtes jusqu'à avoir une roue arrière qui vient lécher le tube de selle que certains constructeurs fabriquent même en courbe pour rapprocher encore la roue arrière du pédalier. Propice aux démarrages en côte, et pour la relance en contre-la-montre, mais pas très stable et donc peu confortable. Je ne dis pas que c'est pas bien, juste que ce n'est pas ce qui est adapté au voyage à vélo. Rien à voir avec le cyclocamping, les longues distances et les voyages à vélo en général. Mieux vaudra donc, pour le confort un vélo, avoir des bases arrières assez longues, une chasse positive d'au moins 45 sur une fourche cintrée, et une position du cycliste dont les trois points d'appui (selle, guidon, pédales) évitent l'extension excessive.

En bref : allongez le vélo, ramassez le cycliste, et amortissez sans amortisseurs (ou un peu avec).

Et ne pas oublier qu'au-delà du matériel et des réglages, il y a surtout un humain sur la machine. Le conseil n°4 de Paul de Vivie dit Velocio est toujours d'actualité "se couvrir avant d'avoir froid, se découvrir avant d'avoir chaud et ne pas craindre d'exposer l'épiderme au soleil, à l'air, à l'eau", ni d'emporter la crème solaire et l'imperméable. Les autres conseils de Velocio sont là Paul de Vivie dit Vélocio